Qu’est-ce que la thaïness ?

En 2015, la TAT (Tourism Authority of Thailand) intitulait sa campagne « Discover Thaïness 2015 ». Si vous connaissez le mot « thaïness », vous ne savez pas toujours ce qu’il signifie. Voyons cela d’un peu plus près.

Le concept de thaïness n’est pas nouveau

Le terme thaïness est apparu sous le règne de Rama VI (1910 – 1925) pour introduire une dimension culturelle dans le nationalisme thaï basé sur la monarchie, le bouddhisme et la langue. Depuis cette époque, le monde a changé et la mondialisation s’est largement imposée.

Grâce au concept de thaïness, la Thaïlande affirme son caractère particulier et symbolise son essence. Le voyageur qui visite le royaume pour la première fois, découvre avec étonnement un monde tourné vers l’avenir qui ne renie ni son passé, ni ses traditions, ni ses croyances. De même, les pratiques sociales n’ont pas disparu, elles sont très codifiées et il n’est pas question de transgresser les valeurs morales. Mais la thaïness c’est aussi l’accueil, la gentillesse et le mode de vie des Thaïlandais.

Pourquoi la Thaïlande nous charme-t-elle tant ?

La Thaïlande est à n’en pas douter une destination particulière qui pousse le voyageur à y revenir. On n’a jamais fini de la découvrir, à la stupéfaction de ceux qui n’y sont jamais allés et demandent : « Mais pourquoi tu y retournes, tu n’as pas envie de voir autre chose ? »

Pour comprendre ce besoin quasi viscéral, il faut se laisser surprendre, sortir des sentiers battus, oublier les tour operator, aller à la rencontre de la population. Je suis toujours triste de voir des touristes descendre d’un bus, visiter un temple au pas de charge, remonter dans le bus puis s’arrêter dans un restaurant qui propose une nourriture internationale. En général, ces voyageurs-là vous disent « La Thaïlande ? Bof, je ne comprends pas qu’on en fasse tout un plat. »

Pour sa cuisine savoureuse

À propos de plat…

Encore une surprise pour ceux et celles qui découvrent l’ancien royaume de Siam : la nourriture est omniprésente, physiquement et olfactivement. Je n’exagère pas, elle est partout, dans la rue à toute heure du jour et de la nuit ou presque et sur les marchés. Même les trains n’y échappent pas, vous verrez des marchands ambulants proposer toute sorte d’aliments à chaque arrêt.

Déguster la gastronomie thaï, c’est pénétrer dans un univers de saveurs parfumées, goûter des recettes différentes selon que vous êtes dans le Nord, à Bangkok ou dans le Sud. La cuisine thaï est d’une richesse telle que vous pouvez y demeurer des mois sans jamais manger la même chose. Elle est sans conteste l’une des meilleures au monde.

Mon conseil : goûtez au moins une fois à la cuisine royale qui, comme son nom l’indique, était autrefois réservée au monarque et à sa famille. Non seulement, elle est délicieuse mais sa présentation est une œuvre d’art à elle seule. Autre conseil : la cuisine de rue qui réserve de belles surprises pour un prix dérisoire, les petites échoppes, les marchés et les restaurants fréquentés par les locaux. À Bangkok, n’hésitez pas à vous perdre dans les dédales de Chinatown dans la journée et le soir, autour de Yaowarat où l’ambiance vaut le détour.

La cuisine thaï est réputée dans le monde entier comme étant la meilleure d’Asie, au point que le guide Michelin a décerné une étoile à la reine de la street food, du jamais vu mais aussi à un jeune chef thaï installé en Alsace. Si vous souhaitez vous initier à la cuisine thaï, de nombreux restaurants donnent des cours particuliers ou en groupe.

Pour ses paysages multiples

Du nord au sud, la Thaïlande s’étend sur 1600 kilomètres et offre au visiteur des paysages variés : montagnes, lacs, plages de sable fin, îles paradisiaques, parcs nationaux, jardins botaniques, cascades, cocoteraies, rizières, etc… Il y en a pour tous les goûts. Elle est baignée à l’est par le golfe de Thaïlande, adjacent à la mer de Chine méridionale et à l’ouest par la mer d’Andaman, tributaire de l’Océan Indien.

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Pour sa richesse culturelle

L’histoire de la Thaïlande est riche d’un patrimoine prodigieux aux mille facettes. Cette richesse se dévoile dans les dorures des temples, les splendides vestiges des parcs historiques, les fresques murales appelées jakata qui racontent la vie de bouddha. C’est aussi le massage thaïlandais dont la tradition remonte à 2500 ans, les porcelaines Benjarong et céladon sans oublier la soie, le batik et le muay thai.

Pour ses fêtes

D’innombrables festivités se déroulent tout au long de l’année dans le royaume. Les fêtes les plus connues sont le Nouvel An chinois qui a lieu fin janvier, le Nouvel An thaï (Songkran) vers la mi-avril appelé aussi fête de l’eau et Loy Krathong au mois de novembre, sans doute la plus belle de toutes.

Outre ces fêtes habituelles, il est possible d’assister aux cérémonies religieuses sacrées, aux célébrations traditionnelles, aux courses de pirogues et avec beaucoup de chance aux processions de barges royales. Mais ne rêvons pas trop. Les défilés de barges royales avaient traditionnellement lieu à la fin de la saison des pluies, en octobre, et étaient tombés en désuétude. Le roi Bhumibol (décédé en 2016), les a remis à l’honneur pour marquer un événement exceptionnel. La dernière procession de son règne a eu lieu en 2012 pour célébrer ses 85 ans, la suivante pour le couronnement du roi Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun, Rama X de son nom dynastique. Au total, l’événement s’est produit seulement 18 fois depuis 1959.

Pour sa philosophie

Les Thaïlandais sont sérieux dans ce qu’ils font mais ils ne se prennent pas au sérieux. Ainsi, leur philosophie de vie se résume à un mot : « sanuk » qui signifie plaisir, divertissement. La vie doit être « sanuk », les Thaïlandais aiment s’amuser, manger avec des amis car l’appétit est meilleur lorsqu’on est accompagné et détestent rester seuls à a maison. Le travail aussi doit être « sanuk » car sans plaisir, il ne vaut rien.

Enfin, vous entendrez souvent l’expression « mai pen rai » qui signifie « ça ne fait rien ». Si vous êtes dans un embouteillage et que vous ratez votre avion, vous serez certainement désespéré(e) ou énervé(e) là où un Thaïlandais garderait son calme et dirait « mai pen rai », ce qui ne signifie pas qu’il serait indifférent. Il se soumet à son destin. S’énerver ne fera pas décoller l’avion plus tard, vous le raterez de toute façon.

En conclusion, les Occidentaux ont beaucoup à apprendre de la thaïness.