Coronavirus et obésité : quels risques ?

Tout d’abord, permettez-moi de vous présenter mes vœux pour 2021. J’espère sincèrement que cette année nous laissera entrevoir le bout du tunnel. Donc, une bonne santé à tous. Je pense aussi à tous ceux qui sont touchés de plein fouet par la crise économique induite par le virus, notamment à mes amis qui travaillent dans l’industrie hôtelière thaïlandaise.

Les jeunes et la Covid-19

Au printemps, lors de la première vague du coronavirus, on croyait que les enfants et les jeunes adultes étaient mieux armés contre la maladie que les personnes âgées. Mais cette thèse ne prenait pas en compte un paramètre important : le poids. Cependant, dès le mois de mars des médecins ont sonné l’alerte. Dans son édition thaïlandaise du 5 janvier 2021, The Nation reprend l’information et titre que les jeunes personnes en surpoids ont autant de risques de développer une forme grave de la maladie que leurs aînés. Le professeur adjoint Opass Putcharoen, chef du Centre clinique des maladies infectieuses émergentes de l’hôpital Chulalongkorn déclare que, outre l’âge, le poids est un facteur critique dans l’aggravation des symptômes de la Covid-19. Ainsi, les jeunes gens en surpoids peuvent développer des formes majeures semblables à celles des personnes âgées. Il ajoute : « Selon une étude de Proceedings of the National Academy of Sciences des États-Unis, les patients atteints de la Covid-19 qui ont un indice de masse corporelle supérieur à 35 ont été admis à l’hôpital plus que d’autres. »

L’inquiétude concernant le surpoids et la maladie de la Covid-19 est présente dans tous les pays industrialisés. Ainsi en France, le Dr François Pattou note que «  Plus on est obèse et plus le risque de devoir être intubé-ventilé s’accroît. L’obésité apparaît comme le paramètre clé pour les malades gravement atteints. » De son côté, le chef de service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat Yazdan Yazdanpanahy déclarait en avril 2020 :  » Plus de 80% des moins de 50 ans qui se trouvent en réanimation chez nous à cause de la Covid-19 sont en surpoids ou obèses. »

On pourrait penser que les complications surviennent par le biais de pathologies annexes induite par l’obésité mais une étude menée par le CHRU de Lille1 vient balayer cet argument. Elle montre que les malades ayant un IMC supérieur à 35 ont plus de risques d’être placés sous respiration mécanique invasive, indépendamment de l’âge, l’hypertension artérielle et le diabète.

De plus en plus de Thaïlandais obèses

Lors de mon premier voyage en Thaïlande, en 2000, je n’ai quasiment pas vu de personne ne serait-ce que légèrement enveloppée. Peut-être n’étais-je pas restée assez longtemps ? Toujours est-il qu’au fil des années, j’ai commencé à en voir et lors de mon dernier voyage à l’automne 2019, j’ai carrément vu des obèses sévères. Je me souviens notamment d’un jeune homme croisé à Chatuchak. Il avait 18 ans tout au plus et ressemblait à un bonhomme Michelin, tout en amas graisseux et en plis, avec un ventre énorme. Et je ne vous parle pas des jeunes enfants de plus en plus nombreux à être en surpoids. En se développant, la Thaïlande a pris ce qu’il y a de pire dans la société occidentale, notamment américaine.

Dans les grandes villes du royaume les chaînes de restauration rapide sont omniprésentes. Dans le même temps, partout dans le pays, les rayons des 7 Eleven regorgent de produits alimentaires qui n’ont aucun intérêt nutritionnel, ce que j’appelle des calories vides. Dans la plupart des pays émergents, ce type de produits est l’image même de la modernité. D’ailleurs, les industriels l’ont bien compris et demandent aux publicitaires d’utiliser des jeunes gens branchés et minces pour vanter les bienfaits de leurs aliments. Ce que les publicités ne disent pas, c’est que ces denrées sont bourrées d’additifs chimiques, de graisses saturées, de sel, de sucre et j’en passe. C’est payer un lourd tribut à la modernité, vous ne trouvez pas ?

Hippocrate plus que jamais d’actualité

Même si on n’a pas fait médecine, on connaît (au moins de nom) ce médecin grec né vers 460 av. J.-C. Sénèque disait de lui « Hippocrate est le plus grand des médecins et fondateur de la médecine« . Aujourd’hui encore, il est considéré comme le père de cette discipline. Il considérait que la maladie est un processus corporel dépendant de plusieurs facteurs environnementaux et de l’alimentation. Il disait notamment : « Que ton aliment soit ta seule médecine. » Cet aphorisme est d’une actualité criante.

Dans les pays industrialisés, la plupart des consommateurs se nourrissent n’importe comment. Ils trouvent normal d’avoir des fraises et des tomates en hiver et ne voient pas où est le problème. Diabète, maladies cardio-vasculaires, obésité sont très souvent dûs à une mauvaise alimentation. On pense souvent à tort que les personnes obèses manquent de volonté et se ruent sur tout ce qui se mange. Or, ce n’est pas vrai. Une alimentation inadaptée et peu variée entraîne un appauvrissement du microbiote intestinal et par voie de conséquence, une pléiade de pathologies. Souvenez-vous que votre corps est le seul endroit où vous devrez vivre jusqu’à la fin de vos jours. Alors, prenez-en soin.

Si le sujet de l’alimentation vous intéresse, je vous conseille la lecture de l’Alimentation positive, magazine de mon ami Julian Rochat, passionné par son sujet. C’est une mine d’informations utiles.

1 https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/oby.22831

Sources : The nation ; Wikipédia ; La Voix du Nord